Link to the Show / Show NotesCe matin, j’avais un rendez-vous de bonne heure à Paris et j’ai pris le train en pleine heure de pointe. Je suis arrivée à la gare à 8h34. Le prochain train pour Paris était affiché à 8h39, quai C. Dans le couloir central de la gare, celui qui dessert les différents quais, les gens marchaient, pressés, habillés pour le travail, les yeux rivés sur les panneaux d’affichage. Je me suis fondue dans la masse, prenant le rythme imposé par la foule. En haut de l’escalier qui mène au quai C, j’ai aperçu un voisin. Arnaud. On se croise de temps en temps. Nous avons fait le trajet ensemble jusqu’à Saint-Lazare. Nous avons parlé de son travail. Il a un chef qui lui met la pression à cause de ses horaires. Il arrive un peu tard après avoir emmené ses filles à l’école et c’est mal vu. Ce qui est injuste, c’est qu’il fait très bien son travail et qu’il a d’excellents résultats. Mais seules les apparences comptent! Il faut trop souvent pour être bien vu arriver tôt et partir tard, même si c’est pour brasser du vent! A cause de cela Arnaud va au travail à reculons. Quand je travaillais dans une entreprise c’était bien souvent mon cas. Qu’est-ce que je suis heureuse d’être ma propre patronne! Pas de rumeurs sur mon cas, pas de coups bas de mes collègues, pas d’augmentations de salaire mesquines, pas de reproches injustifiés pour qu’un chef puisse se défouler, pas d’horizon bouchée pour mes projets... juste parfois un peu de solitude. A Saint-Lazare Arnaud a pris le RER E et j’ai marché jusqu’au métro Havre-Caumartin pour attraper la ligne 9.